Avec Maupassant aux falaises

Campario J-F 2

Maupassant à l’honneur ! Rendez-vous dans votre librairie Le Chat Pitre demain mercredi 6 juillet à 14h pour découvrir Avec Maupassant aux falaises, un texte de Jean-François Campario, coédité par deux associations locales Les amis de la Guillette et Mosaïques.

Extraits du préambule de Jean-François Campario

« Ce guide est avant tout une promenade littéraire, évidemment. Elle a pour cadre une des « merveilles » de la nature, longtemps habitée par les pêcheurs qui nommèrent l’éblouissante falaise de craie incendiée à la fin du jour le Blanc-Trait. Rien d’étonnant dès lors à ce que, presqu’en même temps, écrivains et peintres soient venus jeter sur l’écran marin où la lumière est reine les signes de leur transcription du réel : le «territoire du vide» changé en villégiature par la vogue des bains de mer n’est jamais resté page blanche. Mais Etretat possède un passant considérable qui, non content de naître aux rivages de Caux, d’y venir dès l’enfance quitter les jupons d’une mère séparée, aux « Verguies », y jeta l’encre (c’est le cas de le dire) de ses premiers succès littéraires dans la pierre, frappée de son prénom, la Guillette, signe de particulière intimité. On connaît l’attachement de Maupassant au petit port d’Etretat, mais celui-ci a des racines autrement plus profondes qu’une mondanité de circonstance. Celles précisément que l’œuvre décline inlassablement et qu’il est temps de reconnaître. Le topos d’Etretat dans l’œuvre, fil d’Ariane ténu mais fidèle, est certes un paysage, mais à la Baudelaire : symbolique, comme une allégorie recréée tout entière au miroir intérieur. De même que les peintres sur le motif posent les lignes en plein air mais travaillent l’étude dans l’atelier et en dernière analyse, dans l’atelier du cerveau. C’est une des applications les plus palpables de la doctrine du réalisme bien compris, de la prose limpide (interdépendants), qu’il s’est façonnée à l’ombre plus tendue du grand Flaubert : le réaliste, s’il est un artiste, impose au monde son obsession, son illusion, immédiate et vraisemblable comme une photographie.
 
Jeune professeur de lettres nommé à Fécamp, j’eus vite la confirmation des affinités d’une nature splendide mais rude avec les tempéraments d’artistes, écrivains et peintres qu’elle a fascinés au XIXe siècle, et qui sont venus éprouver leur instrument au contact de cette authenticité. Une lettre de Guy de Maupassant à Flaubert, conservée à la Bibliothèque de Rouen, retint particulièrement mon attention ; elle contenait les renseignements topographiques commandés par le maître à son jeune homme, pour le chapitre III de Bouvard et Pécuchet, agrémentés de plans et dessins à la plume de la côte d’Etretat, tracés de mémoire. Dans ce devoir d’amitié, dans la confrontation de deux singularités créatrices, l’une confirmée, l’autre naissante, se résume dynamiquement la genèse de l’écriture maupassantienne dans son contexte. La promenade, réalisée textes en mains, au grand vent de la grève battue de pluie etimmédiatement après éblouie de lumière, enivrait les élèves (comme nous espérons qu’elle enivrera aujourd’hui les promeneurs de tous âges), parce que ce type de rencontre au pied même des falaises nous ouvre le chemin d’un imaginaire dans sa redoutable cohérence. Nous allons suivre Maupassant, de ses premiers pas dans les lettres – et sous quelle ombre ! jusqu’au fantasme funéraire, cette assomption lumineuse dans les signes, en clair-obscur, qu’il s’est rêvée avec Le Bûcher, significatif événement. »
L’AUTEUR
Jean-François Campario est agrégé de Lettres et chercheur en histoire. Sa première nomination au Lycée Guy de Maupassant de Fécamp, l’a conduit tout naturellement à s’intéresser de près aux écrivains et peintres si nombreux qui, dès le XIXe siècle, mêlent leurs voix, plumes et pinceaux sur ces rudes rivages de lumière. Jean-François Campario, fin connaisseur du site d’Etretat, de l’oeuvre littéraire de Guy de Maupassant et « militant » de la valorisation de l’écrivain dans sa demeure historique a permis cette publication inédite.

L’association « Les amis de la Guillette » a pour but de faire vivre et de préserver la maison de Maupassant à Étretat. Cela passe par la création d’un centre de recherche réservé aux professionnels et par l’organisation des visites auxquelles s’ajouteront dans un futur proche des colloques et des expositions afin de faire vivre et conserver cette mémoire Maupassantienne à la Guillette. La villa et la caloge sont inscrites au titre des documents Historiques.

L’association Mosaïques a été créée en janvier 2016 à Fécamp. C’est une association de communication, de diffusion, de transmission et de valorisation à vocation culturelle. Son but est de faire dialoguer les différentes formes d’expression des arts et des lettres, de favoriser les rencontres et de promouvoir les artistes et auteurs en organisant des actions : expositions, cartes blanches, mini-conférences avec pour ambition de créer une véritable ligne éditoriale.

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